Hors-stade – De nouvelles marathoniennes

Le marathon est une épreuve qui reste entourée d’un certain imaginaire chez les coureurs à pieds. Au-delà de la route historique entre Marathon et Athènes et de la distance parcourue par Philippidès (ou Phidippidès) lors de la guerre entre les Grecs et la Perse, ou de sa forme moderne adoptée lors des Jeux Olympiques de Londres en 1908, le marathon reste un accomplissement pour tout coureur à pieds. Cette fois, ce fut au tour de Floriane et Gladys de tenter leur chance sur la distance lors du marathon Seine-Eure qui s’est tenu le 15 octobre 2017 sous un temps et des températures estivales avant que Belinda leur emboîte le pas lors du très couru marathon de New York.

 

Pourquoi un marathon ? Ben oui, pourquoi ?

Pour Gladys, « L’idée de faire un marathon un jour me trottait dans la tête [depuis un moment] mais franchir ce cap si tôt n’était pas réellement prévu. L’élément déclencheur a été mon conjoint qui m’a dit : « si tu le fais, je le fais avec toi. ». Là, bingo, je me suis lancée rassurée. D’autant que mon amie Floriane se joignait à nous. »

 

 

La préparation

Une fois la décision prise de se lancer, vient le temps de la préparation marathon. Un travail de longue haleine comme le soulignait récemment Samuel     qui peut générer quelques frustrations en termes de performances. Gladys a eu quelques appréhensions rapidement levées par la bonne ambiance dans son groupe d’entrainement.

 

« La préparation me faisait un peu peur mais, grâce à Peggy qui m’a accompagné sur toutes les séances et les conseils de Fred [Frédéric Lesoin, son entraineur], celle-ci s’est très bien déroulée. »

Floriane aussi semble avoir eu quelques doutes : « je m’étais bien préparée, mais quelques moments compliqués dans la prépa m’avaient un peu fait douter de mon objectif. Est-ce que ce n’était pas trop gros, 42 kilomètres [et 195 mètres]? Est-ce que c’était vraiment faisable, alors que dans ma prépa, je n’avais pas dépassé les 26 [kilomètres] ? Et puis surtout, est-ce que je me le pardonnerai, si je ne franchissais pas la ligne d’arrivée. »

 

Le grand jour – l’avant-course

Une fois les longues semaines de préparation avalées, il faut se rendre sur la ligne de départ.

Une situation vécue sereinement par Gladys : « 15 octobre : grand jour ! Bizarrement pas de stress, je me

sens bien, le soleil est parmi nous, nos supporters sont là. » ;

Un peu moins par Floriane : « la ligne de départ a été l’un de ces moments où à peu près tous les sentiments ont débarqué d’un coup, sans prévenir. Peur, excitation, envie, hâte, qu’est-ce-que-je-fais-là, quelques larmes aussi, parce que c’est réellement fou de se rendre compte petit à petit, en voyant les sas défiler, qu’on s’apprête à partir pour les premiers 42,195 kilomètres de sa vie, et que c’est aujourd’hui, là, en vrai, ce jour auquel on pense depuis douze semaines. »

 

Le marathon Seine-Eure

Partie ensemble dans la joie et la bonne humeur, Floriane et Gladys : « Le premier semi est passé vite, nous suivons, Flo et moi, notre lièvre de course Olivier. Les allures sont tenues. »

Floriane ajoute : « 15 premiers kilomètres dans un paysage magnifique à une allure de 5’20/km. Tout était parfait. » avant l’arrivée des douleurs : « Au 16e km, tout se complique pour moi. Une douleur qui apparaît à la hanche gauche, puis à droite avec les tibias qui font mal suite à deux périostites et une tendinite. J’enchaîne les kilomètres en ne pensant qu’à un seul objectif : [la] ligne d’arrivée… J’y ai tellement pensé ces dernières semaines, j’en ai tellement rêvé, [qu’il n’est] pas question d’abandonner. ». Tenir au mental donc, grâce aux proches : « C’est que ma famille est là pour m’encourager. Ma fille, mon compagnon, mes parents, à différents kilomètres sur le parcours ce qui me redonne à chaque fois un peu plus de force. »

Pour Gladys, les choses se compliqueront plus tard : « De petites douleurs s’installent aux 25 km, je m’arrête donc à un ravitaillement pour m’étirer. Grand soulagement en repartant plus aucunes douleurs. »

 

Au 30e km, les copines d’entrainement qui ont fini leur relais d’Ekiden sont là pour regonfler le moral : « Au 30e, nous sommes rejoints par Karine et Alexandra qui ont décidé de nous accompagner jusqu’au bout. Cela remonte le moral et redonne du peps. Je décompte les km restants et cela devient de plus en plus difficile. Aux 35 km, les douleurs reviennent et les doutes s’installent. Avec Flo, nous marchons à chaque ravitaillement pour récupérer.

 

Au 38e km, Peggy et William sont là. Plus question de ralentir ! Ils ne me lâchent pas d’une semelle et m’encouragent sans cesse, passer sous la barre des 4h est encore jouable.

 

Au 40e km, j’aperçois Fred et le reste du club, Olivier me soutient encore et toujours, les derniers mètres me paraissent une éternité. Je vois la ligne d’arrivée les larmes montent. Ça y est je l’ai fait ! »

Floriane passera aux 40 km quelques minutes plus tard, là aussi, sous les encouragements : « Mon coach est la ainsi que toutes les filles pour nous encourager. Je finis mon marathon dans une souffrance extrême rempli de pas mal de sentiments différents mais plus que fière d’avoir franchie cette ligne d’arrivée ».

 

Impressions à chaud

La fatigue est là tant pour Gladys : «  Je [finis] en 3h59. […] Je suis fatiguée mais tellement heureuse. C’est une journée inoubliable, une belle cohésion de groupe, un réel dépassement de soi. » qui n’oublie pas de penser à son entraineur dans la joie du moment : « Merci encore au coach Fred, comme il dit «  le travail finit toujours par payer ! » »

 

Fatiguée aussi, Floriane conclut cette belle journée pour les féminines de l’AC Cambrai : « peu importe l’état de mes jambes c’est très difficile à expliquer, ce que ça fait, de passer cette ligne d’arrivée, de finir cette distance mythique qui fait rêver beaucoup de coureurs, et qui fait ouvrir des grands yeux à tous les autres. Un moment assez inoubliable. Voilà je suis devenue marathonienne »

 

Crédits photos : CB2000, organisation du marathon/ekiden Seine-Eure, athlètes de l’AC Cambrai athlétisme.

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*